• Citations "Des sources de la connaissances et de l'ignorance" de Karl Popper

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    Citations significatives

    La connaissance ne saurait s’élaborer à partir de rien — d’une tabula rasa —, ni procéder de la seule observation. Les progrès du savoir sont essentiellement la transformation d’un savoir antérieur. Pg 146

    La doctrine qui affirme le caractère manifeste de la vérité […] est au fondement de presque toutes les formes du fanatisme. […] elle peut aussi conduire à l’autoritarisme […]. Il en est ainsi simplement parce que, en règle générale, la vérité n’est pas manifeste. Pg 43 & 44

    La vocation essentielle de l’observation et du raisonnement, voire de l’intuition et de l’imagination, est de contribuer à la critique de ces conjectures aventurées à l’aide desquelles nous sondons l’inconnu. Pg 148

    L’erreur fondamentale que commet la doctrine des sources épistémologiques ultimes, c’est de ne pas distinguer assez clairement les problèmes d’origine des problèmes de validité. Pg 129

    L’idée erronée est qu’il faille justifier notre savoir ou nos théories par des raisons positives […]. Pg 154

    […] je considère, quant à moi, que les idées sont des choses dangereuses, qu’elles ont un pouvoir et qu’il a pu parfois se faire que même des philosophes en aient produit. […] l’impuissance constitutive de la philosophie est très largement réfutée par les faits. Pg 21

    Les mots n’ont d’intérêt qu’en tant qu’ils sont les instruments de la formulation des théories, et il faut à tout prix éviter les questions qui ne sont que querelles de mots. Pg 150

     

    Idées intéressantes

    J’appelle doctrine du caractère manifeste de la vérité […] cette conception optimiste qui veut que la vérité, dès lors qu’elle est dévoilée dans sa nudité, soit toujours reconnaissable comme telle. [Mais] la doctrine du caractère manifeste de la vérité se trouve dans la nécessité de rendre compte de l’erreur. […] Ce sont par conséquent [les] préjugés et [les] puissances hostiles qui constituent les sources de l’ignorance. Pg 33 – 36

    […] pour une épistémologie optimiste de cet ordre, la connaissance est l’état naturel ou pur de l’homme, l’état du regard innocent capable de voir la vérité, tandis que l’état d’ignorance résulte de la blessure infligée à ce regard innocent lors de la chute de l’homme, blessure qu’un processus cathartique peut partiellement guérir. Pg 78 & 79

    Bacon et Descartes ont érigé l’observation et la raison en autorité nouvelle présente en chacun de nous. Mais ils ont scindé l’homme en deux et institué une instance supérieure, qui fait autorité en matière de vérité […], et une instance inférieure. C’est la seconde qui forme notre moi commun, le vieil homme qui est en nous. Car si la vérité est manifeste, c’est toujours “nous-mêmes” qui sommes seuls comptables de l’erreur. Pg 89

    « Qu’est-ce que la tolérance ? » demande Voltaire dans son Dictionnaire philosophique ; et il répond : « C’est l’apanage de l’humain. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de la nature. » Pg 87

    Le problème de la validité de l’empirisme peut, dans ses grandes lignes, être formulé ainsi : l’observation est-elle la source ultime de notre connaissance de la nature ? […] C’est cette manière de poser le problème en termes de sources ultimes […] qu’il faut récuser parce qu’elle repose sur une erreur. [Parce qu’] appliquer le programme prescrivant de référer toute connaissance à sa source ultime, que résiderait dans l’observation, représente une impossibilité logique : cela conduit à une régression à l’infini (le principe du caractère manifeste de la vérité a notamment pour objet de couper court à cette régression […]). Pg 112, 116 & 120

    […] Bacon et Descartes ont été impuissants à résoudre cette grande question : comment reconnaître que notre connaissance est chose humaine — trop humaine — sans sous-entendre en même temps qu’elle n’est que fantaisie et arbitraire individuels ? […] cette idée de l’erreur et de la faillibilité humaine en implique précisément une autre : l’idée de la vérité objective, cette norme que nous n’atteignons pas nécessairement. Pg 83 & 84

    Mais quelles sont alors les sources de la connaissance ? […] il existe toutes sortes de sources, mais aucune d’elles ne fait autorité. Pg 127

    […] on s’est toujours interrogé dans la perspective suivante : “Quelles sont, pour la connaissance, les sources les meilleures — les plus sûres, celles qui ne nous induiront pas en erreur et auxquelles, en cas de doute, nous pouvons et devons nous en remettre en dernière instance ?” Je propose de considérer, au contraire, qu’il n’existe pas de sources idéales de cet ordre — comme il n’existe pas de gouvernement idéal — et que toutes sont susceptibles de nous entraîner parfois dans l’erreur. Et je suggère par conséquent de substituer à cette problématique des sources de la connaissance une autre problématique tout à fait différente : “De quelles manière pouvons-nous espérer déceler et éliminer l’erreur ?”  […] La réponse correcte à la question […] est, à mon avis, la suivante : “Par la critique des théories ou des suppositions formulées par d’autres et — pourvu que nous y soyons entraînés — par celle de nos propres théories ou conjectures” […]. Cette réponse énonce […] une position […] “le rationalisme critique”. Pg 133, 134, 136 & 137